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  • Vend. 5 oct. FESTI86/THÉÂTRE AMATEUR - 20h45 - Sacrées canailles de Charles Istace par les Utopistes (37)
  • Sam. 29 sept. FESTI86/THÉÂTRE AMATEUR - 14h45 - Les amis du placard de Gabor Rassov par La Belle équipe (Paris), suivi de A ta santé Hubert, de Claude Cohen par Vestiaire des filles (Castres)


Vie locale

Face à face

Indigné mais Engagé

Nicolas Moinet, 41 ans. Professeur des universités et spécialiste français de l’intelligence économique. Enseigne à l’Institut d’administration des entreprises de Poitiers (*). Derrière le chercheur, se cache un citoyen (très) en éveil…

Il pourrait disserter sur le sujet pendant des heures. Entre «Mythes et réalités», l’intelligence économique le fascine depuis 1992. Comme en témoigne son dernier ouvrage, paru aux éditions du CNRS et « postfacé » par le sociologue Dominique Wolton. On ne passe pas près de vingt ans de sa vie à explorer les rapports de force économiques, les luttes d’influence dans la coulisse, les « liens étroits entre informations et connaissances », sans « passion » exacerbée pour sa discipline de prédilection. Ainsi vit Nicolas Moinet. Avec panache et enthousiasme. Et dans l’action. « Les chercheurs dans leur tour d’Ivoire, ça ne m’intéresse pas… »

Adepte du constructivisme

Du coup, depuis sa lucarne de directeur du Master Intelligence économique et communication stratégique à l’Icomtec, ce Parisien de naissance s’efforce de coller à la réalité du monde. Entre connexion permanente aux subtilités de la guerre économique et références philosophiques pleines de sens. À ses étudiants, il répète souvent cette phrase de Spinoza : « Il faut faire de ses passions son allié. » Lui, le titulaire d’un Deug de philo, lui, l’ex-étudiant en sciences politiques, a embrassé sa future carrière au hasard d’une rencontre.

« J’aime lire et, un jour, je suis tombé sur un bouquin intitulé « La Machine de guerre économique». L’un de mes camarades de promo m’a dit qu’il connaissait l’auteur, Christian Harbulot. Je l’ai rencontré et voilà… » Et voilà comment Nicolas Moinet s’est retrouvé, presque du jour au lendemain, à participer à l’élaboration du rapport Martre (1993), véritable bible avant l’heure de l’intelligence économique. Son « parachutage» dans la Vienne, en 1996, procède de la même logique avant-gardiste. Avec Guy Massé et Pierre Fayard, il fut l’un des fondateurs du Dess intelligence économique. Dans l’« IE» comme dans d’autres disciplines, le volontarisme servirait-il de catalyseur ? Nicolas Moinet répond par l’affirmative. Plutôt adepte du « constructivisme », il défend les «logiques de réseaux, d’influence »… et la place des femmes dans la société. « Je trouve que nous sommes dans une société réac’ et misogyne, où la camaraderie de vestiaire prédomine parfois. On gagnerait à avoir beaucoup plus de femmes à des postes à responsabilité. » Il admire leur « volontarisme » et leur « clarté ». Et milite de facto pour une « plus grande égalité dans le partage des tâches ». D’ailleurs, il ne donne pas de cours le mercredi pour « s’occuper de (s)es enfants ». «Tant pis si ça ne plaît pas…»

Occupation d'école

Quand on le titille un peu, Nicolas Moinet n’aime rien tant que s’engouffrer dans la brèche des tabous intellectuels français. « On en a tellement ! » Tiens, l’immigration par exemple. « Je ne supporte plus les discours qui se focalisent là-dessus. La France est un pays d’émigration. On a doublé le nombre de votants français à l’étranger en cinq ans. C’est un signe, non ? » Deuxième patate chaude à débouler sur la table : l’Education nationale. À La Rochelle, où il réside, ce fan d’aviron de mer a occupé l’école de ses enfants pour protester contre « la suppression de plusieurs classes ».

«La politique actuelle est une hérésie…» Pour autant, Monsieur le professeur ne tire pas à boulets rouges sur la classe politique. « Je suis moins critique vis-à-vis des hommes et femmes politiques que des citoyens français qui ne s’engagent pas », s’empresse-t-il de préciser. Au passage, il écorne avec entrain les citoyens qui s’indignent -« c’est un peu facile »- sans agir, qualifiant la démarche de « nécessaire mais pas suffisante». Une forme de rappel à la responsabilité individuelle loin des incantations collectives. Encore une histoire de désir, résumée ainsi par Spinoza : «Nous ne désirons pas les choses parce qu’elles sont bonnes, mais nous les trouvons bonnes parce que nous les désirons.» Là-dessus aussi, Nicolas Moinet pourrait disserter pendant des heures.

(*) Chercheur associé à l’Institut des Sciences de la communication du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Nicolas Moinet est par ailleurs directeur du Master Intelligence économique et communication stratégique à l’Icomtec, dont le siège se trouve sur la Technopole du Futuroscope.

 

Arnault Varanne le 14/12/11

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